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| La notion de qualité de vie | ||||||||||||
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Historiquement Depuis les années 60, la notion de « qualité de
vie » a pris une importance croissante dans l’évaluation
des soins de santé. Cette notion traduit l’intérêt
porté par les patients, les pouvoirs publics et la société
sur l’impact global des soins dispensés, au-delà de
la simple amélioration des signes cliniques et biomédicaux
de la maladie. Elle concerne les états physiques et socio-psychologiques
tels qu’ils sont perçus par le patient. - SPILKER B., « Quality of life assessment in clinicals trials. » New York, 2nd ed. Lippincott-Raven, 1996 Philadelphie. ; et depuis une dizaine d’années en France : - GERIN P., DAZORD A., et al., « Le questionnaire de la qualité de vie dans les essais thérapeutiques. Pharmacologie clinique : actualité et perspective » III Strauch G. et Husson J.M.(eds). Colloque INSERM 1989. - LEPLEGE A. « Les mesures de la qualité de vie. »
Paris :PUF, QSJ, n°3506, 1999. Qualité de vie subjective. Différentes conceptionsA ces début, la qualité de vie était un concept politique et social consistant à obtenir des mesures de satisfaction et de bonheur du peuple. Puis ce concept a été décliné sur un mode plus individuel pour se définir selon trois conceptions qui sont en réalité interdépendantes : 1. Les psychologues et sociologues ont étudié la qualité de vie en lien avec les affects : « la qualité de vie est l’équivalent du bien-être, des réactions cognitives et émotionnelles, des réalisations et les attentes personnelles ». 2. La deuxième conception est celle de la « bonne vie, d’une vie agréable » qui inclue les dimensions du travail, des amis, de la maison, de la santé globale… Cette conception a un certain degré d’objectivité. 3. La troisième conception est celle d’une « bonne santé ». Beaucoup d’études ont montré que les personnes qui avaient des troubles ou des handicaps au niveau physique, social ou mental, considéraient plus important l’utilité ou la nécessité d’une bonne santé que les sujets en bonne santé. Mais la qualité de vie n’est pas un phénomène
stable. Elle se modifie selon : Les définitions de la qualité de vie sont à la fois
intégratives et dynamiques et présentent plusieurs avantages
: Les domaines et composantes de la qualité de vieLes auteurs s’accordent aujourd’hui à reconnaître que la qualité de vie est un ensemble complexe comprenant plusieurs domaines : psychologique, physique, et social. Le domaine psychologique : Le domaine physique : Le domaine social : Outre ces trois grands domaines constituant la qualité de vie, auxquels on a parfois ajouté le bien-être matériel ou encore les valeurs morales et spirituelles, on a aussi subdivisé la qualité de vie en composantes plus spécifiques, comme la satisfaction de vie, le bonheur, le bien-être subjectif ou la santé, qui sont souvent considérées, à tort ou à raison, comme équivalentes à la qualité de vie. La satisfaction de vie : Le bonheur : Le bien-être subjectif : - il est subjectif : c’est bien une auto-évaluation qui n’a rien à voir avec les conditions de vie objectives (bien-être matériel). Pour DIENER, le bien-être subjectif correspond à l’expérience globale des réactions positives envers sa propre vie et elle inclut toutes les composantes d’ordre inférieur telles que la satisfaction de vie et le niveau hédonique (bonheur). Ce modèle hiérarchique proposé par DIENER a été validé avec succès. Les diverses composantes du bien-être subjectif sont corrélées positivent mais distinctes. L’intérêt de ce modèle est d’intégrer des processus cognitifs (évaluations, jugements, comparaisons) et des processus émotionnels. Santé et qualité de vie : La qualité de vie subjective Selon l’OMS (1956) la qualité de vie est conçue
en termes de son rapport avec la santé, qui est elle-même
définie comme : «Un état de bien être physique,
mental et social complet, et non la simple absence de maladie et d’infirmité.» La qualité de vie est un concept qui a été défini de plusieurs façons : 1. A partir de définitions qui soulignent l’importance
de l’interprétation subjective du patient (Internal
locus) et prend en compte des facteurs comme le fonctionnement
physique, émotionnel et cognitif, la capacité à travailler
et à avoir des activités, ainsi que la qualité des
relations sociales. 2. A partir de définitions qui soulignent la
nécessité d’une évaluation objective
de la qualité de vie, évaluant par exemple les conditions
socio-économiques du sujet (External locus). Selon F. BORGEL, par nature, le terme de qualité de vie suggère
les idées de la subjectivité et de variabilité interindividuelle,
de multidimensionnalité et de multifactorialité. On conçoit
l’infinie variété des facteurs individuels et environnementaux
qui rendent le concept ainsi défini peu accessible à une
mesure simple. La place de la subjectivitéLa subjectivité, telle qu’elle apparaît dans la « qualité de vie mesurée », est techniquement conçue sur deux niveaux : - les aspects subjectifs de la qualité de vie, Le premier niveau représente un changement important, puisqu’il s’agit d’intégrer la satisfaction, les émotions, le jugement, l’appréciation personnelle dans les échelles et de ne pas réduire la qualité de vie a des indices indépendants de celui qui en est témoin. Le second niveau est déterminant car il pose une rupture entre le registre référentiel et le registre modal. C’est à dire, l’entretien permettant d’évaluer la qualité de vie requiert de la personne un certain nombre d’informations objectives qui constituent le référant, mais il intègre aussi la position du sujet à l’endroit de ces éléments. Le pas épistémologique est essentiel puisqu’il implique que puisse exister un décalage entre ce qui est décrit et la place à laquelle se situe le sujet lorsqu’il formule un jugement auto référencé. Il reste néanmoins que la « subjectivité » en cause est plus proche des notions du jugement personnel, de position, de perception relative à un individu. Mais la prise en compte de la subjectivité, par le décalage qu‘elle instaure, restitue explicitement la question de l’individualité et de la singularité. Au-delà de ce démembrement du concept de qualité de vie, il est possible de concevoir plusieurs approches dynamiques complémentaires de la qualité de vie reliée à l’état de santé : - L’approche psychologique est centrée sur la perception et le vécu de l’affection. L’état psychologique (anxiété, dépression, stress) influence à la fois le niveau objectif du fonctionnement physique (autonomie) et la perception des symptômes (fatigue, douleur..). Dans cette perspective, l’adaptation (ou ajustement) psychologique à la maladie chronique et au handicap est probablement une des conditions essentielles de l’amélioration de la qualité de vie. - L’approche communautaire considère qu’il existe une hiérarchie parmi les variables intervenant dans la qualité de vie : au centre, les paramètres lésionnels directement liées à la maladie (déficiences) ; puis l’état fonctionnel et les capacités à réaliser les actes quotidiens (incapacités) ; au troisième niveau, l’état psychologique et émotionnel ; puis de façon plus générale, la perception globale de l’état de santé ; enfin le fonctionnement social et la performance des rôles sociaux (handicaps). - Le concept de réintégration à la vie normale met en avant la capacité à s’adapter aux séquelles physiques et à réaliser ce que l’on doit ou veut faire, dans les domaines allant des activités quotidiennes, élémentaires, aux relations interpersonnelles. Le concept ne prend pas en compte la perception de santé ni les aspects psychologiques ou émotionnels, mais seulement le niveau de performance estimé dans les différents domaines. - La dernière approche repose sur la notion d’écart
décrite par CALMAN (1995), assimilant la qualité de vie
à l’écart entre les attentes de la personne et ses
réalisations effectives : plus l’écart est grand,
plus la qualité de vie est altérée. L’évaluation de la qualité de vieL’évaluation de la qualité de vie a d’abord été envisagée au travers d’indicateurs « objectifs », observables par un évaluateur extérieur et mesurant le niveau de fonctionnement de la personne : scores d’autonomie personnelle, activité professionnelle et revenus, activités extérieures et contacts sociaux. Cependant, si ces données objectivables sont précieuses dans l’évaluation du handicap, elles ne peuvent être assimilées à la qualité de vie, expérience subjective dont le patient reste le meilleur juge. Ce concept n’est toutefois pas facile à définir,
et encore moins à évaluer. On admet qu’il fait référence
à un sentiment de complet bien-être physique, moral et social
perçu par l’individu (CAMBEL et CONVERSE, 1976), à
la capacité d’atteindre les buts que l’on s’est
fixés dans la vie (JOYCE), ou au fait de se comporter en conformité
avec le rôle social que l’on considère jouer dans la
société. Différences entre questionnaires de santé et échelles de qualité de vie.Les questionnaires de santé sont centrés sur la présence ou l’absence de symptômes et sur leur intensité (très influencés par les évaluations médicales objectives). La qualité de vie, liée à la santé subjective, se focalise sur le bien être ou la détresse psychologique, le degré de fonctionnement physique, psychologique et social, du point de vue de l’intéressé. Les échelles de la qualité de vie subjective diffèrent
des questionnaires de santé et des mesures d’incapacité. - de montrer en quoi une maladie ou un handicap spécifique porte atteinte au bien-être subjectif, Les mesures de la qualité de vie : Les mesures génériques ont été élaborées
pour convenir à une très grande variété d’individus
et de groupes. Elles couvrent des aspects très vastes de l’existence,
concernant à la fois les ressources physiques, mentales et sociales
des individus et la façon dont ceux-ci évaluent globalement
leur vie. Conclusion
La popularité du concept de qualité de vie a permis de
prendre conscience de l’importance de l’expérience
subjective des patients et de la nécessité de l’évaluer,
pour les raisons suivantes : Eva TAZOPOULOU
Bibliographie- BORGEL Florent (1998) « Grand handicap et qualité de vie : un objectif en réadaptation médicale ? », Unité de réadaptation neurologique CHU de Grenoble. - BOUCAND M.H. (1993) « Grand handicap et qualité de vie : un objectif en réadaptation médicale ? », Actes du colloque des 11 et 12 Juin 1993 Hôpital Renée-Sabran, Giens, Hospices Civils de Lyon. - BRUCHON – SCHWEITZER (2002) « Psychologie de la santé », Dunod, Paris. - MARCEL P. DIJKERS, PhD (April 2004), “Quality of Life After Traumatic Brain Injury: A Review of Research Approaches and Findings” ,Arc Phys Med Rehabil Vol 85, Suppl 2.
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