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| Humanisme et potentiel humain | |||||||||||||
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Vers un nouveau paradigmeDe nombreux changements, concernant le rapport de l’homme au monde et à lui-même, sont intervenus durant le siècle dernier qui ont profondément remodelé notre société occidentale. Les mentalités et les sciences ont considérablement évoluées,
qui ont vu l’émergence d’innovations techniques en
divers domaines (cybernétique, informatique, intelligence artificielle,
physique ato-mique, médecine,...), dans les sciences humaines (psychologie,
sociologie, ethnologie,...) ainsi que dans les rapports sociaux (intégration
des minorités, mouvement des femmes, libération sexuelle,
écologie, politique sociale,...). Dans le champ de la psychologie, outre la révolution freudienne,
a émergé après la guerre autour des années
1950/60 une nouvelle psychologie instaurant une vision renouvelée
de l’être humain : la psychologie Humaniste. Le courant HumanisteCe nouveau courant de pensée se constitue en opposition aux courants comportementaliste (issue du bebaviorisme, qui se fonde sur les principes de l'apprentissage et du conditionnement et qui est jugé trop mécaniste et scientiste) et psychanalytique (jugé trop "pulsionaliste" et normalisateur). Cette nouvelle approche développe le courant clinique en s'inspirant de la phénoménologie et de l'existentialisme. Ce nouveau courant, nommé la "troisième force", propose une théorie du sens de l'existence humaine et une action psychothérapeutique fondée sur l'exploration du "potentiel" de chaque individu considéré dans son perpétuel devenir. Il développe une théorie de la conscience humaine en situation (ici et maintenant), depuis les ressorts intentionnels de la personne (intentionalité), déterminant son comportement à partir de sa raison, de sa liberté, de son autonomie et de sa créativité. En 1954, A. Maslow a commencé à constituer un fichier de
150 noms de psychologues qui ne se reconnaissaient dans aucun des deux
courants dominants de l'époque : behavioriste et psychanalytique.
En Europe, sous la pression d’un courant « anti-psychiatrique et « anti-directif » très fort à partir de 1960, dans le milieu clinique notamment, de nombreuses voies thérapeutiques appliqués à la psychiatrie et la psychothérapie seront explorées. Le mouvement du Potentiel HumainEn ce milieu de siècle, cette sensibilité nouvelle, issue d'une libération des esprits allié à un bouillonnement culturel transversal prend de l'ampleur et draine toute une pratique alternalive à l'ordre établit. Avec la constitution des "centres de développement" (Growth Centers) et l'émergence d'un courant intégrant développement personnel et créativité psychothérapeutique, on voit apparaitre des communautés de toutes sortes qui expérimentent les liens possibles entre les théories et découvertes occidentales avec les traditions orientales : expérimentations de produits psychédéliques, pratiques mystiques et ésotériques (bouddhisme zen, taoïsme, chamanisme, tantrisme, méditation, drogues hallucinogènes, états modifiés de conscience,...). Nous assistons alors à la naissance du "Mouvement du Potentiel Humain", courant dominant de la psychologie humaniste, dont le creuset à l'époque est le centre d'Esalen en Californie. S'y retrouvent alors de nombreux praticiens dont F. Perls, W. Schutz, I. Rolf,... qui expérimentent chacun des pratiquent et techniques diverses (Gestalt-thérapie, groupes de rencontre, groupes de développement, massages, techniques de méditation...). L'axe directeur de ce mouvement postule que les capacités de l'individu,
ou son "potentiel humain", sont sous-exploitées. Il s'intéresse
donc à l'élargissement du champ perceptif par la culture
de la conscience corporelle et de la communication avec autrui. La psychologie Humaniste considère l’être humain comme foncièrement sain, responsable et autonome. Elle réintroduit les notions corporelles et qui font défaut aux autres approches sans cependant se départir de leurs acquis. Elle entretien une vision des plus optimiste de l’humanité en considérant que l’être humain détient un potentiel illimité, mais qui est altéré par l’insatisfaction de ses besoins personnels et sociaux. De nombreux auteurs, notamment américains (non limités par l’historique médicale et philosophique de la pensée européenne), ont participés de près ou de loin à l’émergence de ce courant et ont essaimés des théories et pratiques diverses qui ont pour point commun de prendre comme point de départ l’expérience humaine (et non la science, la philosophie ou le savoir). Ce courant de pensée s’est instauré en psychologie, mais aussi en sociologie, en philosophie, en politique, dans l’industrie, dans l’organisation et le management... Ainsi nous pouvons citer les auteurs suivants qui ont participé à ce courant (liste non exhaustive) : A. Adler (psychanalyste), W. Anderson, D. Boadella (Biosynthèse), Binswanger (Dasein-analyse), F. Capra, R. W. Emerson, S. Grof, C. Hampden-Turner, Hegel (concept de Développement), Heidegger (philosophe existentialiste), J. Heider (taoïsme et psychologie industrielle), A. Huxley, Janov (Cri primal), S. Keleman, C. Kelley, R. Kurz, R. Laing, K. Lewin (T. Group), A. Lowen (Bioénergie), A. Mahrer, A. Maslow (être perception / transcendance), R. May (exis-tentialiste), J. Moreno (Psychodrame), F. Perls (Gestaltthérapie), O. Rank (psychanalyste), W. Reich (psychanalyste), C. Rogers (Thérapie non directive), J. P. Sartre, W. Schutz, B. Swartley,...
Les nouvelles thérapiesA partir de ce courant de pensée et de ces expérimentations,
la psychothérapie s'en trouvera définitivement marquée.
A ) Pratiques issues du courant psychanalytique :LA BIOENERGIEFondée par Lowen et issue des théorisations de W. Reich,
son postulat central est que la névrose se constitue sur la base
d’une répression de l’énergie sexuelle qui engendre
une « cuirasse caractérielle » constituée de
quatre « couches » : La bioénergie conduit la thérapie en prenant en compte chacune de ces couches et en les considérant en interaction dans un processus de défense circulaire. Ses « défenses caractérielles » sont la résultante d’un verrouillage contre émotions, sensations, énergie et sexualité. Cette pratique, apparue en 1970 dans les hôpitaux psychiatriques et les thérapies de groupe, a connu une histoire mouvementée. Décriée par les milieux « psy », puis par les freudiens et les lacaniens qui lui reprochaient de privilégier le corps et la sexualité au détriment du sens, de l’interprétation et de l’inconscient, mais également par le mouvement des « thérapies par le corps » qui lui reprochaient de faire de ce dernier un vaste symptôme enfermé dans des concepts psychanalytiques, elle retrouve aujourd’hui un second souffle grâce à la réflexion et à la formation de thérapeute de qualité. LE CRI PRIMALFondée par Janov aux USA, cette approche s’appuie sur l’hypothèse que la névrose prend son origine du traumatisme qu’est pour chacun la naissance. Ainsi les conditions psychologiques de la grossesse et celles de l’accouchement sont-elles déterminantes pour le développement psychologique de l’être à venir. En fondant à Los Angeles un laboratoire de recherche et une fondation primale, les chercheurs groupés autour de Janov observent et étudient des centaines de cas de névroses et de psychoses infantiles afin d’élaborer une thérapie basée sur ce traumatisme premier. Janov pense que la névrose s’installe lorsque les besoins du bébé ne sont pas satisfaits. Ce dernier est alors obligé de se construire une fausse personnalité pour compenser son manque de satisfaction. Alors que la constitution d’un « moi fort » est pour Freud un signe d’équilibre psychique, pour Janov il marque la fragilité du moi, à travers les mécanismes de défenses mobilisés qui sont autant de comportements symboliques révélateurs de frustrations. La thérapie primale aide le patient à cheminer à travers sa souffrance par la médiation du cri, de la voix et de la respiration qui sont les éléments du souffle et de la vie psychique. L’objectif est de réactualiser les besoins enfouis de son enfance afin de les légitimer. LE REVE EVEILLE DIRIGEFondée par R. Desoille, cette méthode thérapeutique reprend de la tradition freudienne l’importance accordé au rêve pour en faire le point central et non plus marginal de sa pratique. A partir de 1938, il s’associe à Caslan pour mener des travaux théoriques et pratiques concernant l’exploration de la vie affective grâce à l’utilisation du rêve éveillé en psychothérapie. Il s’inscrit dans une perspective humaniste proche d’une perspective existentielle, c'est-à-dire qui respecte les formes multiples de notre présence à soi-même à l’autre et au monde. Le rêve éveillé a pour fonction de stimuler la créativité psychique, de lever les blocages liés à l’activité onirique et de faire éprouver des émotions et affects portés par ces images, favorisant un nouvel accès au sens. Pour Desoille, le sujet se réalise pleinement lorsqu’il parvient à incarner ses propres valeurs. Le thérapeute utilisant cette pratique assure un « voyage imaginaire » et un retour « sans perte mnésique », c'est-à-dire qu’il joue le rôle d’un « inducteur » mais aussi celui d’un « contenant » pour le sujet et son rêve éveillé. Ce dernier diffère ainsi radicalement tant de la rêverie diurne que du rêve nocturne. Au fil de sa pratique, Desoille transmet son savoir de manière didactique à une nouvelle génération de thérapeute. Après son décès en 1966, un groupe de thérapeute parmi ses élèves abandonne la dimension « directive » pour situer une nouvelle pratique dans le champ analytique. Il se constitue ainsi le Groupe International du rêve éveillé en psychanalyse (GIREP), toujours à l’œuvre. L’ANALYSE TRANSACTIONNELLE - ATFondée par E. Berne (médecin et psychiatre) dans les années 60, l’AT s’inscrit dans le courant d’une philosophie humaniste (c'est-à-dire considérant l’être humain comme responsable, autonome et participatif) alors en pleine croissance. Il construit sa méthode afin qu’elle soit accessible au
plus grand nombre, cependant il ne découvre pratiquement rien de
nouveau. Il a simplement le génie de présenter l’apport
freudien selon un nouvel arrangement original et pertinent, afin de rendre
ces connaissances psychologiques opérationnelles dans le champ
des relations humaines et sociales. Sa pratique qui se veut très opérationnelle est essentiellement fondée sur des comportements observables, orientés vers la compréhension et l’action. Elle se développe tout d’abord au Canada et aux USA, puis quelques années plus tard en Europe. C’est une pratique toujours d’actualité qui s’est enrichie au fil des années. LA PROGRAMMATION NEUROLINGUISTIQUEFondée par R. Bandler et J. Grinder en 1972, cette pratique nous vient directement des USA. Le terme de programmation fait référence à la fonction d’un ordinateur de créer des programmes d’actions, comme le cerveau créer des programmes de comportements. Le terme neuro réfère au traitement par le système nerveux des données de la perception sensorielle. Le terme linguistique concerne le comportement et le langage. A l’origine, ces deux auteurs ont formé une équipe au sein de l’Université de Santa Cruz chargée d’étudier « l’excellence » dans les processus de communication. Ce faisant ils ont mis en évidence des modèles de comportements efficaces s’intéressant en premier lieu au processus d’interaction en psychothérapie. La PNL s’est ainsi dotée de techniques d’observation et de codage des comportements, destinées à étudier la structure de l’expérience subjective. Elle a notamment mis en évidence des types de perception sensorielle (auditif, visuel, kinesthésique), de traitement de l’information (action, information, lieu, personnes, choses) et de programmes comportementaux. Sa visée est de mieux comprendre l’interaction ou communication interpersonnelle et de favoriser le changement. Le postulat étant que ce n’est que par la modification du comportement lorsque celui-ci apparaît inefficace que l’on parvient à atteindre ses objectifs. LA THERAPIE FAMILIALE SYSTEMIQUECette pratique trouve ses fondements théoriques aux USA dans l’après
guerre. C’est en 1940, à partir de l’étude des
systèmes et de la cybernétique crée par Wiener qu’il
dégage deux concepts clés : circularité et système.
En 1948 Shannon publie sa « Théorie mathématique de la communication ». Bateson emprunte à Wiener les concepts de système, circularité et interaction et s’inspire de la cybernétique afin d’étudier la communication dans les groupes humains. En 1950 Bateson, élargissant le modèle de Shannon, propose une nouvelle théorie de la communication et en 1952 souligne la notion « communication paradoxale ». En 1954, D.D. Jackson étudie les phénomènes d’homéostasie
dans la famille et les petits groupes. Puis en 1956, Bateson publie un
article décisif « Vers une théorie de la schizophrénie
». Dès lors, les modes de communication pathogènes
sont précisés comme étant issus d’une mauvaise
homéostasie familiale et le concept de « double bind »
(double contrainte) est approfondi. Leurs travaux ont permis de mettre en évidence cinq formes de paradoxes : l’injonction paradoxale, la disqualification, la disconfirmation, la mystification, les prévisions paradoxales. Cette pratique, toujours d’actualité, a continué de se développer dans les pays anglo-saxons ainsi qu’en Europe et notamment en France, où elle est utilisée en thérapie de couples et de familles, et plus largement dans les champs social et institutionnel ainsi qu’au sein de petites et moyennes entreprises. Eric KRETZ
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