La dépression - aspects cliniques
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> psychopathologie <

introduction

Un sentiment de tristesse ne signe pas une dépression, mais la dépression comporte inévitablement de la tristesse, dont l’intensité peut retentir sur la vie quotidienne d’un sujet et altérer son activité, son appréciation de soi, son jugement, ainsi que des fonctions organiques élémentaires telles que le sommeil, l’appétit et la sexualité.

Le facteur capital de gravité est la forte propension à l’acte suicidaire. Le déprimé est souvent englué dans son apathie, son désintérêt, sa résignation et exprime peu son état d’être, souvent mal perçu par l’entourage. La dépression touche les dimensions affective (humeur triste), cognitive (pensée négatives sur soi) et somatique (apathie, aboulie) de l’individu.

Définitions

Les symptômes anxieux expriment une certaine crainte considérée en tant que réponse à un danger futur qui menace le sujet. Cette crainte, se manifeste par des sentiments d’incertitude, d’indécision et d’insécurité mais également par la dramatisation.

Le trouble dépressif est un désordre affectif se manifestant par une humeur dysphorique ou une perte d'intérêt et / ou de plaisir dans les activités habituelles. La perturbation de l'humeur est prédominante et relativement persistante. État de souffrance morale associant une inhibition, une fatigue, un sentiment d'inutilité, d’autodépréciation.
En l'absence de traitement, l'état dépressif risque d'évoluer vers une dépression grave avec sensation d'incurabilité, de culpabilité et un dégoût de soi.

Le syndrome dépressif traduit un état de crise identitaire, considéré en tant que réponse à un traumatisme. Il peut se caractériser par la dévalorisation, le pessimisme un sentiment d’infériorité, un ralentissement psychomoteur, une douleur morale, une inhibition (défaut de motivation, de projet, de communication).

Quelque chiffres

Des dernières données sur la dépression il ressort que :

- le nombre de cas est en augmentation ( la prévalence de la maladie en milieu urbain serait de l’ordre de 5% ) ;

- cette maladie reste grave par son risque vital, 30 à 50% des tentatives de suicides en France (soit 36000 à 60000 par an) seraient attribuables à une dépression et 15% des déprimés font une tentative de suicide ;

- qu’elle reste parfois non ou insuffisamment diagnostiquée malgré l’existence d’outils de diagnostic ;

- qu’il existe une inadéquation entre le diagnostic et le traitement : plus d’un tiers des antidépresseurs sont prescrits en dehors de l’Autorisation se Mise sur le Marché, environ 20% sans diagnostic psychiatrique, 10% avec un autre diagnostic que la dépression ;

- l’association d’un antidépresseur à une psychothérapie améliore le pronostic par rapport à la prescription de médicament seul.

Une typologie variée

Le point commun à toute dépression peut se définir comme un trouble de l’humeur. Ainsi une dépression peut être d’origine saisonnière, anxieuse, réactionnelle, névrotique, psychotique, symptomatique, voire génétique… et revêtir une multitude de formes :

Saisonnière : passage dépressif à chaque période d’une même année.

Anxieuse : état caractérisé par une agitation anxieuse associée à une grande souffrance morale, mais sans ralentissement psychomoteur ni inhibition.

Réactionnelle : en liaison causale étroite avec un événement traumatisant ayant ou non un risque vital (deuil, retraite, déménagement,…) Elle a une durée relativement courte, lorsque les préoccupations du sujet restent centrées sur la cause du trauma. La tonalité affective est proche de la tristesse.

Névrotique : apparaît après un traumatisme psychologique minime sur une personnalité fragile. La névrose n’est pas une dépression, mais elle peut y conduire. On observe un fléchissement de l’humeur et de l’activité. Elle signe une fragilité narcissique sur fond d’inquiétude, de désarroi, de chantage parfois, d’insurrection… avec ses conquêtes : les bénéfices secondaires. Les fonctions intellectuelles ne sont pas perturbées, le sens du réel est conservé.

Psychotique : ou mélancolie en lien à une maladie mentale de type psychose… (PMD ou trouble bipolaire). Trouble de la relation au réel.

Symptomatique : sans cause apparente. On observe désintérêt, apathie, ralentissement psychomoteur. La tristesse n’est pas au premier plan. Processus de détérioration globale pouvant signer un début d’Alzheimer.
Génétique : dans certaine familles, le nombre de dépressifs est significativement plus important que dans d’autres.

Les troubles dépressifs

Toute dépression comporte une perturbation thymique ou affective (1) qui retentit sur l’activité intellectuelle et motrice (2), génère de l’anxiété (3) et perturbe les fonctions instinctives ou somatiques (sommeil, nourriture, sexualité) (4).

1) Le trouble de l’humeur

Il se caractérise par des sentiment particulier : douleur morale, nostalgie, dégoût, abattement, dévalorisation, autodépréciation. D’un point de vue affectif, coexistent des sentiments douloureux (hyperthymie) et une indifférence vers l’extérieur (asthénie affective).


2) L’inhibition psychomotrice

Elle manifeste une perte d’élan vital, les activités intellectuelles et motrices sont globalement ralenties. L’initiative paraît abolie. La mimique est peu expressive, pauvre, dans un faciès figé, La voix est éteinte, monocorde. Le geste est ralenti, souvent incomplet. La démarche semble pesante. Sur le plan mental, l’idéation est ralentie, le discourt paraît terne et rudimentaire, les réponses parcimonieuses. L’association des idées est médiocre, la compréhension difficile.
Au niveau du comportement le déprimé névrotique évoque des possibles remèdes qui sont toujours des demandes vers autrui, souvent des exigences.


3) L’anxiété et les troubles du caractère

L’anxiété est toujours associée à la dépression. Elle peut évoluer vers forme paroxystique, c’est alors l’attaque de panique, souvent observée dans le syndrome dépressif. L’anxiété peut s’exprimé par une irritabilité, des manifestations caractériels agressives ou une agitation.


4) Les manifestations physiques

Elles sont très fréquentes :

- Troubles du sommeil : Insomnie (réveil précoce à 3 ou 4 h du mat., réveil fréquents) Insomnie (d’endormissement, ruminations). A l’inverse, hypersomnie… Le sommeil n’est jamais réparateur.

- Troubles alimentaires : anorexie ou boulimie.

- Troubles sexuels : frigidité, impuissance, débridée ou inhabituelle.

- Troubles divers : palpitation, vertige, tremblement, spasme, boule dans la gorge, compression thoracique,

- Douleurs : nuque, dos, maux de tête, troubles sensoriels, vision, audition,…
Idée suicidaire : L’attrait pour la mort est souvent une constante de la constellation dépressive. Pas toujours ressenti ou exprimé, parfois caché.

Particularités

L'origine ethnoculturel

Chaque individu ne réagit pas de la même façon dans l'expression symptomatique d'une dépression. On observe que ces différences s'exprime également en fonction de l'origine culturelle du sujet. L’appartenance ethnique et les traditions socioculturelles impriment une originalité symptomatique de la dépression.

Le déprimé maghrébin, par exemple, témoigne d’une dévalorisation de soi et/ou des thèmes d’auto-accusation ou d’incapacité. Ici, la dépression revêt plutôt l’apparence de troubles somatiques et d’anxiété ou encore un état délirant avec des thèmes de persécution (sentiment que les actes sont imposés par une force extérieure occulte).

Le déprimé d’Afrique noire exprimera peu de tristesse, de perte des intérêts et du plaisir, de dévalorisation… mais plutôt une irritabilité, un sentiment d’ennui, des idées de persécutions avec thèmes d’ensorcellement, de possession, un sentiment de fatigue et un ralentissement global. L’insomnie est rarement repérée. Les plaintes somatiques occupent plus souvent le devant de la scène.

Les différences homme/femme

La prévalence de la dépression serait plus importante chez la femme que chez l’homme. Ceci peut s’expliquer par :

- ses particularité biologique, endocrinienne : qui sont des facteurs de fragilisation ;

- son statut psychosocial : situation de dépendance et d’asservissement au mari ;
exploitation de l’oblativité maternelle (fait passer les besoins d’autrui avant les seins propres) ; moindre ouverture vers des fonctions valorisantes : sentiment de frustration, rejet, humiliation, sacrifice…

Conclusion

Il n’existe aucun modèle théorique exhaustif (environnemental, psychanalytique ou cognitif), ni aucune molécule médicamenteuse, qui peut se prévaloir de comprendre parfaitement ou de guérir définitivement un épisode dépressif. La problématique dépressive demeure donc encore largement un mystère pour tout professionnel sérieux de la santé mentale. Pour tenter d’approcher cette problèmatique, il existe de multiples d’hypothèses biologiques et de facteurs (endogène et exogènes) qui peuvent concourir à cet état. Ainsi, chaque cas est un cas particulier qui demande une exploration et un soin spécifique.

Eric KRETZ

 

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2008





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